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Travailler les sols n’est pas toujours mauvais pour le climat et limite le recours aux pesticides

Depuis quelques décennies, le travail du sol fait l’objet de critiques croissantes. Un travail trop intensif pourrait notamment favoriser la minéralisation et donc le relargage du carbone stocké dans les matières organiques des sols agricoles. Mais faut-il vraiment opposer travail du sol et préservation du climat afin de produire durablement ?

Dans le cadre des projets CrosyeN & CANETE, nous venons de publier une synthèse scientifique dans la revue Communications Earth & Environment, dans laquelle nous avons analysé plusieurs décennies d’expérimentations conduites sur différents continents.

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Nos résultats montrent que le travail du sol peut rendre des services essentiels pour réduire ou supprimer l’usage des pesticides, notamment pour réguler les adventices, certains ravageurs et maladies des cultures. De nombreuses études à l’international ont ainsi montré l’intérêt d’un travail du sol occasionnel pour contrôler les adventices.

De plus, les bénéfices climatiques attribués au non-travail du sol sont souvent moins nets qu’on ne le pense. Si les parcelles conduites sans labour ont généralement davantage de carbone organique dans les premiers centimètres du sol, plusieurs méta-analyses internationales montrent que les gains de stockage de carbone associés au non-labour existent parfois, mais restent généralement modestes, voire inexistants lorsque l’on considère l’ensemble du profil de sol et que les mesures sont réalisées avec des méthodes de quantification adaptées. Accroitre les quantités de carbone apportées au sol, notamment via l’usage régulier des couverts végétaux, semble être un facteur déterminant pour favoriser le stockage de carbone dans les sols. D’autre part, selon les contextes, le non-labour peut réduire, ne pas modifier, ou augmenter les émissions de protoxyde d’azote (N2O), un puissant gaz à effet de serre. Dans certains cas, cette hausse peut compenser les bénéfices liés au stockage de carbone.

Cette synthèse montre que la transition vers des systèmes de productions agroécologiques demandera probablement moins d’interdictions catégoriques que de combinaisons de pratiques stratégiquement mobilisées, innovantes et adaptées aux contextes locaux.

L'article est en accès libre et disponible ici.

Un article grand public en français a aussi paru dans The Conversation France.